Un peu d’Histoire…

… des Barons de Castelbajac

Vers l’an 820, la Bigorre fut érigée en Comté héréditaire… Elle avait donc à sa tête, le Comte de Bigorre. Le siège de l’administration de la province était à Tarbes, où le Comte réunissait divers représentants du Tiers-État, du Clergé et de la Noblesse. Parmi les douze Barons de Bigorre qui siégeaient, le Baron de Castelbajac était le premier et le plus puissant.

L’origine de « la Maison de Castelbajac » est aussi floue que celle de la Bigorre. Son apparition peut-être raisonnablement située entre les années 950 et 1000, voire même antérieurement. Le terme de noblesse féodale, dite également immémoriale, s’applique à cette famille dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Le titre de « Baron » y est porté dès l’origine, confirmé entre autres par le roi de France Philippe IV Le Bel. Un document indiscutable, déposé aux « Archives Nationales » fait état, en 1021, de Jean de Castelbajac, chevalier, baron, capitaine, viguier de Goudon.

Généalogie de la famille de Castelbajac

Certains historiens, dont P. de Marca, prétendent que les Castelbajac descendent des Comtes de Bigorre. D’autres avancent qu’il y aurait un lien très étroit entre cette famille et les rois de Navarre. Les uns considèrent Eneco-Arista (ou « Eneko Aritza »), premier roi de Navarre, comme étant issu de la « Maison de Castelbajac »; les autres présentent les seigneurs de Castelbajac comme descendants d’Eneco-Arista.

Dans l’ouvrage de l’Abbé Colomez, « Histoire de la Province de Bigorre », il est rapporté qu’Arnaud-Raymond de Bas (Coarraze) en Béarn, contribua à la fondation de l’abbaye de Saint-Pé en cédant des terres qu’il possédait en ces lieux. Le Duc de Gascogne lui donna en échange  « La riche Maison de Séméac en Bigorre ». C’est peut-être à cette occasion que cette famille de Bas prit le nom de Castelbajac: « château donné »?..

C’est donc sans doute, mandé par le Comte de Bigorre, qu’un Castelbajac vint de Séméac à Châtillon-en-Bigorre pour prendre la tête de la garnison de trois cents hommes qu’abritait le « Castéra ». Le château de Séméac fut conservé dans la famille jusqu’au XVIe siècle. C’était là leur résidence d’hiver. Séméac devait être plus confortable que Castelbajac ou Montastruc.

A Castelbajac s’élevait un petit château-fort classique : des fossés, de hautes murailles entourant une cour intérieure, un donjon carré jouxtant le porche d’entrée auquel aboutissait le pont-levis. Les galets dont il était bâti ont apparemment servi à édifier le mur du cimetière. En entrant dans la cour du château, à gauche, on pouvait voir, il y a relativement peu de temps, l’entrée d’un souterrain. D’après la tradition, il passait sous les douves et aboutissait aux écuries situées à l’emplacement de la maison « Chauvier ».

La place forte de Châtillon-en-Bigorre abritait 50 « lances ». Une « lance » étant accompagnée de 3 archers, un écuyer et un page; le Baron de Castelbajac était donc capitaine de 300 hommes.
Si cette garnison avait ici son « port d’attache », il ne faut pas croire que tous ces hommes étaient sédentaires. A cette époque, les Seigneurs offraient leurs services aux chefs de telle ou telle faction. Certains se vendaient « au plus offrant » et passaient sans complexes des catholiques aux protestants ou des Armagnacs aux Bourguignons.

Armes des Barons de Castelbajac
© www.castelbajac.org

Les Castelbajac, eux, sont remarquables par leur fidélité à l’Église catholique et à la Couronne de France. Nous avons vu que le Baron de Castelbajac était le premier et le plus puissant des Barons de Bigorre:

  • Sur le plan territorial, sa souveraineté s’étendait sur de vastes territoires en Bigorre et en Astarac puisqu’ils étaient Seigneur Baron de Castelbajac, Montastruc, Orieux, Saint-Luc, Séméac, Goudon, Campistrous, Fayan, Aspin, Cazenove, Bernède, Bouilh, Forgues, Astugues, Rouède, Bernet, Cabanac, Lubret, Lagarde, Mingot, Casteljaloux, Lacassagne, Mansan, Barbazan, et autres lieux.
  • Le pouvoir du Baron de Castelbajac était exceptionnel: il avait droit de juridiction Haute, Moyenne et Basse sur les Seigneuries lui appartenant. Sur celles-ci il avait pouvoir de prononcer toutes condamnations, allant de la peine capitale à la sanction mineure. Hormis cette exception, la justice relevait du seul Comte de Bigorre.
  • Le Baron de Castelbajac était Pair et était le seul, avec le Comte, à recevoir l’Hommage.

Les Castelbajac ont ferraillé parfois très loin, entraînant certainement à leur suite quelques hommes du pays.

  • En 1191, au cours de la troisième croisade, Bernard de Castelbajac est signalé à Jaffa.
  • Les guerres du Milanais voient le « Baron Vert » : Bernard prendre la citadelle de Peschiera del Gardo (près du Lac de Garde) et en être nommé Gouverneur.
  • En 1501, c’est un Castelbajac qui est Gouverneur de l’île de Mytilène (Lesbos).
  • En 1510, Rhodes voit passer la bannière d’azur à croix d’argent. Pendant la guerre de Cent Ans, ils harcelèrent les Anglais sur de nombreux champs de bataille.
  • Arnaud-Raymond VI commandait le château de Lourdes lorsqu’il reçut l’ordre du roi de France de le remettre aux Anglais à la suite du traité de Brétigny.
  • Avec les Armées de Charles VII et de Jeanne d’Arc, on les trouve à Montargis, Vendôme, Beaugency, Melun etc…

Armes: Croix d’argent sur champ d’azur.

Devise: Bigorre! Bigorre! CASTELBAJAC!

D’après les travaux de Madame Marthe Delas,
source: http://www.passion-bigorrehp.org/chatillon8.html